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Bouvet Rames Guyane - Edition 2009

http://www.bouvet-ramesguyane.com/

 

 

 

LE DERNIER RAMEUR EN COURSE EST ARRIVE A CAYENNE
04-05-2009
photos-369.jpgLe dernier concurrent classé de la Transatlantique à la rame et en solitaire, la Bouvet Rames Guyane est à Cayenne.
Karl Barranco, « Aléa Jacta Est » a franchi la ligne d’arrivée, samedi 2 mai, à 17 heures 46 minutes et 22 secondes. Il aura mis 55 jours 8 heures 46 minutes et 22 secondes pour traverser l’Atlantique à la rame.
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ARRIVEE DE PIERRE KATZ ET DE JEAN-PIERRE HABOLD
30-04-2009
a30042009web.jpgA Cayenne, les arrivées s’enchaînent : Bertrand de Gaullier sauvé, Pierre Katz épuisé, Jean-Pierre Habold pressé, les gars du Mélody accompagnés… Retour sur 48 heures à haute densité émotionnelle.



 

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BERTRAND DE GAULLIER A CAYENNE
29-04-2009
img_3384.jpgBertrand de Gaullier est arrivé à Cayenne cet après midi à 14H00 TU. Il avait été récupéré, hier, par l'équipage du Mélody à 19H40 TU puis transféré à bord du navire de la Marine Nationale P 400 « l’Audacieuse » à 3H15 TU ce matin. Il semblait en bonne forme malgré ces longues heures passées sur la coque de son bateau retourné.



Ecoutez le témoignage de Bertrand de Gaullier

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La mer a bien voulu le laisser passer.... PDF Imprimer E-mail

La presque légende du Rames Guyane se nourrit de ces moments privilégiés : au téléphone ce jeudi matin avec un "J'arrive !" joyeux... Ivre de bonheur. Sur les premières photos, les yeux brillent, embués par l'émotion de revoir les potes venus l'accueillir sur l'eau... "C'est la délivrance.... la mer a bien voulu me laisser passer... j'ai dû faire du Sud, histoire de maintenir mon cap.... les yeux rivés sur le GPS... finalement çà n'a pas été trop difficile..."  Instants uniques quand dans le halo des feux, le navigateur s'offre pour la première fois aux regards après 52 jours en mer.... Epilogue de sa traversée incroyable dont il partage les temps forts avec les copains d'abord : Gilles Ponthieux, Eric Lainé....

JEAN-PIERRE HABOLD A FRANCHI LA LIGNE D'ARRIVEE
30-04-2009
j30042009web.jpgJean-Pierre Habold a franchi la ligne d'arrivée très tôt ce matin à  6 heures 31 minutes et 10 secondes TU. Il aura mis 52 jours, 21 heures, 31 minutes et 10 secondes pour traverser l'Atlantique à la rame.

Ecoutez le témoignage de Jean Pierre Habold
 
Dans deux jours, Cayenne... PDF Imprimer E-mail

Il y a encore quelques jours JP n'osait prononcer le mot Cayenne. Il avait prévu une cinquantaine de jours de traversée, et ne s'était pas trompé. La route nord qu'il pratique depuis le début n'est pas la plus facile à toujous lutter contre la houle, mais elle va le conduire jusqu'à Cayenne.

La denière semaine a été plus difficile. Mais avec l'aide de Stéphane à Cayenne et de Yves Le Chevanton à Lannion qui lui a proposé son aide sur les derniers milles, JP peut suivre une route sur mesure, sur les traces de Gilles Ponthieux, le 2e concurrent costarmoricain arrivé la semaine dernière. Puis lundi, il y a eu le naufrage de son pote Bertrand de Gaullier, celui qu'il nomme "l'un des grands couteaux". "Je l'avais eu au téléphone un peu avant, ses derniers mots avaient été : "C'est la mer qui décide."" Bertand a été repéré mardi soir par l'équipage de l'avion qui le survolait. Le Mélody devait être sur zone vers 21 h TU.

Gélules bleues

Parmi les bobos, le mal au dos est celui qui l'a le plus handicapé. "Je prends des petites gélules bleues...  Je ne voulais pas trop me gaver de médicaments mais je crois que je ne vais pas y couper. Mon frère, qui travaille aux urgences de l'hôpital de Grenoble, me suit par téléphone et m'a fait sa prescription. Les bleues, ce doit être des anti-inflammatoires, si ça ne suffit pas, il y a plus fort... Ca, c'est pour avoir moins mal, car pour me remonter le moral, j'ai mieux."

LES PETITES GELULES BLEUES 24-04-2009
ajphaboldweb.jpg"J’ai mal au dos et, depuis hier, je prends des petites gélules bleues… Je ne voulais pas trop me gaver de médicaments mais je crois que je ne vais pas y couper. Mon frère, qui travaille aux urgences de l’hôpital de Grenoble, me suit par téléphone et m’a fait sa prescription. Les bleues, ce doit être des anti-inflammatoires, si ça ne suffit pas, il y plus fort… Ca, c’est pour avoir moins mal, pour me remonter le moral, j’ai mieux : hier j’ai vu ma première baleine d’assez près et ce qui m’a le plus impressionné, c’est le bruit qu’elle fait. Au départ, je sentais sa présence mais je ne la voyais pas vraiment et puis, tout à coup, elle apparaît et tu entends son souffle si fort… C’est une expérience énorme." Jean-Pierre Habold à la vacation du 24 04
Plus qu'un pot de confiture... PDF Imprimer E-mail

Les événements se bousculent dans la traversée de l'Atlantique à la rame. Samedi, c'était Rémy Alnet qui était secouru par un cargo après avoir chaviré. Dimanche, les rameurs les plus rapides touchaient Cayenne. Patrick Hoyau a été le premier à franchir la ligne d'arrivée après 42 jours de mer. A bord de La Rebelle, JP poursuit sa route et pointe à la 13e place, à 530 milles du but, (mardi 21 avril). Il est vrai qu'il n'est pas parti pour gagner mais il avoue avoir hâte d'en finir. Les conditions sont toujours aussi éprouvantes, et la vie à bord est devenue difficile : "Tout est humide à l'intérieur, ça pue le poisson et j'ai le coude en compote..." Un signe qui ne trompe pas dès qu'un objet lui résiste, il passe par dessus bord... "Après, c'est pour m'apercevoir qu'il me manque... Tout ça pour dire qu'on est mieux dehors que dedans ." La nourriture commence à manquer, du moins celle qui procure une peu de douceur. Le miel en tube, il ne faut plus lui en parler. "Pas fait pour ce genre de trip, on s'en met partout, ce n'est pas pratique du tout. Puis il me reste plus qu'un pot de confiture. Il y a bien un pot de Nuttella mais je n'ai jamais aimé." Et puis du corn beef en pagaille, et pour cause, il en a horreur.
Feu d'artifice en pleine mer
Pour alléger les moment les plus difficiles dans cette galère, il y a toujours Casse-cou, l'oiseau marin qui le suit depuis maintenant six semaines. "Vendredi il s'est posé sur mon bateau, j'ai eu le temps de le prendre en photo et de le filmer... J'ai eu droit à un ballet fantastique : Casse-cou faisant des loopings pour saisir les poissons volants beu vert qui eux étaient pourchassés par les daurades. Un vrai feu d'artifice."

Pendant que Jean-Pierre rame, on peut toujours l'aider en devenant solidaire de son projet. Des km de course à 10 € l'unité sont vendus sur ce site ou par tél. 06 33 15 79 35.

Un petit coup pour fêter les deniers 1 000 milles... PDF Imprimer E-mail

A vouloir toujours de l'ouest, avec la houle contraire, JP commence à trouver la route longue. Même avec une vitesse plus soutenue que durant la première partie, le doute s'installe entre les différentes routes quand il voit la plupart des concurrents situés plus au sud bénéficier de conditions de glisse plus faciles. "Mais tout se jouera à l'approche de la Guyanne où il faudra attraper les bons courants. Dimanche j'ai passé la barre des derniers 1 000 milles ... pour l'occas ... je suis allé chercher une demi-bouteille de vin tout à l'avant du bateau, ça fait un mois que je n'en ai pas bu." Incroyable! Après 35 jours de route, il n'avait toujours pas attaqué ni ses cinq bouteilles de bordeaux, ni ses deux whiskies irlandais. " Pourtant, je pense souvent à m'en jeter un petit coup derrière la cravate. Mais pour accéder aux vénérables flacons, il me faut ramper jusqu'à l'extrême pointe de l'étrave et sortir du gourbi le "stepper" (machine qui imite le mouvement de la montée des escaliers), le siège de secours, les ancres flottantes, et surtout les tonnes de poubelles et autres détritus non biodégradables que le réglement oblige à stocker. Et puis, il faudrait laisser le panneau ouvert tellement ça sent mauvais! Du coup, je carbure à l'eau claire et j'attends l'arrivée pour faire péter les bouchons."

JP remercie tous ceux de Plouegat-Guerrand qui se mobilisent pour lui. "Comme tout le monde le sait maintenant, je n'ai pas bouclé mon budget... Et bien au bar des sports, ils font des concerts de soutien. Samedi dernier, c'est un groupe de reggae qui est passé, après ils ont passé le chapeau... Je suis tellement touché...Une pensée toute particulière pour Christine et Laurence qui sont à l'origine de tout ça... »

Un peu de vitesse... PDF Imprimer E-mail

Depuis samedi, JP a pris de la vitesse, et rame la nuit, "sans la houle, j’ai l’impression d’être sur une luge !" En une semaine, il a réussi à dépasser Didier Lemoine et Karl Barranco. Quand il rencontre des courants contraires, un signe ne le trompe pas " les méduses nagent contre le vent. Je conserve mon option nord .... c’est trop tard pour changer ... je crois que je vais me payer de la houle de travers jusqu’au bout." 
Un plateau de fruits de mer
Samedi soir en allant prendre son travail aux dames de nage, JP surprend des dauphins autour de son bateau "... j’ai vite remonté ma ligne de traîne pour qu’ils ne se blessent pas et surprise .... une daurade au bout du fil."  Il a aussi eu la visite du Melody Nelson le bateau suiveur de la course venu récupérer les photos pour le site internet  "Dans la sacoche, j’avais mis la dorade que j’avais pêchée hier soir. J’ai profité qu’ils étaient dans le coin pour leur demander de garder un oeil sur moi pendant que je plongeais sous le bateau pour le caréner. Les requins ne sont pas loin. La coque était vraiment sale ... un vrai plateau de fruits de mer ! Je pense que ça devait me freiner ... L’eau à 31° un délice pour mes muscles meurtris"
Réalité financière
Lundi, en apprenant le montant de sa facture téléphone satellitaire pour les quatre premières semaines de course, JP avertissait qu'il n'est pas si pressé que ça d’arriver. "Je suis parti sans avoir bouclé mon budget et je vais devoir rendre des comptes en arrivant. Finalement, je suis peinard ici. Enfin je lance des appels, je cherche encore des sponsors. Je remercie sur tous ceux qui m'ont permis d'être ici,et en particulier mes deux routeurs, Stéphane et Eric qui n’ont pas forcément les sous pour s’acheter le bon matos de routage et ils se débrouillent, néanmoins, comme des chefs…"

Pendant que Jean-Pierre rame, il est toujours temps de lui venir en aide en devenant solidaire de son projet. Des kilomètres de course à 10 € l’unité sont vendus sur ce site ou par tél. 06 33 15 79 35.

Faire un peu de sud... PDF Imprimer E-mail

"En ce moment, j’ai besoin des positions des autres concurrents ..... je suis en train de prendre la décision de descendre un peu au sud pour avoir de la vitesse et essayer de rattrapper une partie de mon retard." Le niveau de stress est monté d’un cran ces dernières heures à bord de La Rebelle : l’abandon de Christophe Lemur, le troisième concurrent costarmoricain, (et son copain de galère), dimanche, et  le fait d’avoir été dépassé par deux concurents sont autant d’éléments qui l'ont amené à décréter une nouvelle stratégie. Au bout de trois semaines de houle et de mer hachées, JP est calé en 17e position, mardi 31 mars. Et les Alizés qui devaient pousser les rameurs vers Cayenne se font toujours attendre.

Puis il y a les bons moments.  Une daurade au menu, la visite moins sympa d'un requin, et la compagnie des ses deux copains oiseaux : Little et Casse-cou. "Ils me suivent depuis trois semaines... je ne sais pas où s'arrête leur territoire, mais ils sont fidèles... ils ne s'approchent pas trop près, surfent sur la crête des vagues... Ils ne plongent pas pour pêcher, j'ai l'impression qu'ils se nourrissent du plancton en surface...."
Et d’autres moments franchement "chiants" lorsqu’il croise des cargos durant la nuit   "un véritable danger, jamais personne ne répond à la VHF comme d’hab..."

Aujourd'hui, dans mon royaume, c'est dimanche... PDF Imprimer E-mail

Jeudi 26 mars mais pour JP
666-JP_Habold_et_ses_lunettes"aujourd'hui ... c'est dimanche ... j'étais réveillé à 6 h pour aller faire mes deux premières heures de rame ... comme d'hab ..... j'étais bien dans mon duvet ... j'n'avais pas du tout envie d'aller enfiler mes fringues muoillées pour aller mettre mon cul sur un siège imbibé de flotte .... alors j'ai décidé de faire la grâce matinée ... aujourd'hui, dans mon royaume ... c'est dimanche ..... je viens de prendre un bon petit dejeuner .... filmé et pris quelques photos ... j'ai regardé la carte ... fait le point ..... mes deux copains oiseaux qui me suivent depuis deux semaines sont là ... ils font du raz vague ... des looping .... entre les vagues ... spectacle fantastique dont je ne me lasse pas .... je leur ai donné un nom ... Little pour la femelle et Casse-cou pour le mâle qui est beaucoup plus grand ....  par moment, ils viennent faire du surplace au dessus de ma tête malgré le vent .... à une portée de main ....
sinon, ça fait du bien de temps en temps de relacher la pression ..... toujours pas d'alizés en vue .... ils sont comme les rois mages ceux-là ..... paraît que cette année ils sont en retard et pas violents .... voilà qui n'arrange pas mes affaires avec mon choix tactic de faire route le plus au nord nord-ouest possible ... car du coup, j'ai perdu pas mal de terrain sur les autres ... et si le vent ne tourne pas rapidement au Nord EST ... Est ..... je me serai fait chier pour rien ! Un peu mal dans le bras gauche .... c'est bizarre car je rame du droit .... voili ... voilà .....toujours pas facile d'écrire quand je suis constamment à la recherche de mon équilibre à cause de la houle ....je vais aller pêcher un moment ... sérieusement .... du thon frais au menu, ça me plairait bien ..."

Toujours à l'ouest... PDF Imprimer E-mail

Mardi 24, apm,  JP raconte : "c'est ma pose .... il fait très chaud ... le vent a tourné au nord-nord est .... peut être le début des alizés .. d'autant plus que depuis deux jours, je peux voir par moment des cirus et des cirostratus .... au dessus de la couche nuageuse basse qui domine le ciel depuis une dizaine de jours maintenant.
Je profite que le vent est moins fort le matin pour faire de l’ouest, la route la plus courte pour Cayenne. Les autres vont plus vite mais ils se rallongent en allant vers le sud ... J’ai mis pour la première fois ce matin mon dessalinisateur en route, le temps de faire dix litres d’eau. J’appréhendais un peu ce moment car sans pouvoir faire de l’eau, c’est l’abandon assuré. Mais tout fonctionne. Depuis le départ, je vivais sur mes réserves d’eau."

Steph, le routeur

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Quand il n’est pas sur l’eau, Stéphane Barbet reste en contact avec la navigation. Depuis, une quinzaine de jours, il a pris en main les routes de deux des trois Costarmoricains engagés dans la course à la rame entre Saint-Louis du Sénégal et Cayenne. D’abord au Sénégal puis à partir de Pontrieux, où il habite, Stéphane et son collègue Eric Grignon, croisent infos météo, cartes des courants et trajectoires des différents coureurs pour optimiser les routes des deux concurrents. "Jean-Pierre et Christophe ont choisi l’option nord, et le plus à l’ouest, tout comme Gilles Ponthieux. Actuellement 11e et 17e, ils ont fait le dos rond. Ce choix difficile devrait payer dans quelques jours, lorsque les conditions météos seront devenues favorables avec l’entrée dans les alizés."  Les deux routeurs communiquent essentiellement par mail pour un bulletin journalier "nous serons à même de pouvoir détecter les erreurs à corriger rapidement, et d’indiquer les moments où il faudra ramer pour gagner les courants favorables." Ceci sera valable pour la dernière partie de la course quand il faudra négocier les bons courants pour arriver sur Cayenne.

Au milieu des méduses PDF Imprimer E-mail

A J + 10, JP confie ses impressions

"Toujours du vent, une mer dure, et une houle de travers qui de nouveau m'oblige à ramer d'un bras... Je rame entre dix et douze heures par jour, sans beaucoup avancer...  Mais je sens que les conditions vont changer cette nuit. Stéphane, mon routeur, m'a transmis des infos dans ce sens.... Si je reste au nord, je peux revenir sur les autres...."
JP croise des méduses "de couleur violette avec une sorte de voile sur le dos plutôt rosée.... J'ai d'abord cru que c'était des jouets échappés d'un conteneur chinois.  Si quelqu'un pouvait m'en donner le nom ?"

"Aujourd'hui, jai filmé les vagues, tellement elles étaient belles. Puis je trouve de plus en plus mes marques. Avant, quand je voulais pisser, c'était tout un patata ....et souvent, à force de vouloir me tenir pour ne pas perdre l'équilibre, j'arrivais à me pisser dessus ! .... maintenant, c'est presque comme à Kerbridou Bras, j'pousse la porte et j'vais pisser par dessus bord en regardant les étoiles .... pas tout à fait quand même .... je garde en mémoire que de nombreux mecs qui sont tombés par dessus bord ont été retrouvés la braguette ouverte ...
 Hier c'était la grande toilette .. rasage ... lavage du haut en bas ... pour terminer par les fringues avec deux litres d'eau ..... ça fait du bien car le sel te ronge la peau..."

A l'aise dans son rafiot... PDF Imprimer E-mail

Pointé à 103 milles de la tête de la course menée par Parick Favre, Jean-Pierre poursuit sa route en 17e position.
"Je rame des deux bras à présent maintenant que la houle d’ouest a disparu", confiait JP, samedi soir. Une houle d’ouest et des vents contraires qui durant les quatre premières journées ont été physiquement éprouvants, il avait dû ramer de la main droite pour gagner l’ouest, et s'était choppé plein d'ampoules."Enfin, j’apprend à ramer, pas facile car le tanguage du bateau me déstabilise. Sinon, j’ai trouvé mon rythme de vie et mes marques ... le plus dur, c’est le matin  car je suis cassé.  Il faut que je m’extirpe de ma couchette cercueil, un vrai numéro d’acrobatie quand tu as des courbatures .... j’arrive à m’asseoir sur un bidon ... et je me masse pendant vingt minutes avec les huiles de Body Nature, et pendant ce temps là, je fais chauffer l’eau pour le café que je prends avec du christmas pudding. Après, il faut enfiler les vêtements mouillés, le temps de faire le point  et de regarder la direction du vent. Ce matin il était toujours de nord-noroit, mais moins fort .... je n’ai pas eu d’infos météo, je suppose que mon routeur qui est resté à Saint-Louis, n’est pas arrivé à se connecter,alors je continue à faire de l’ouest sachant que la dérive du vent me fait dériver vers le sud." D’ici quatre à cinq jours, JP devrait  toucher des vents un peu plus portants, les alizés tant attendus par toute la flotte.Au bout d’une semaine, il est dans son élément. Des cargos ont bien croisé sa route, non sans quelques frayeurs, surtout, "quand personne ne répond à la VHF alors que tu les appelles pour signaler ta présence". Seul en mer, il trouve le moyen de passer sur les ondes... radio. C’était vendredi soir à minuit  sur France Inter dans l’émission "Allo la planète" d’Eric Lange. On a pu l’entendre parler de sa rencontre avec la lune. Il ramait avec le soleil dans le dos qui se couchait à l’ouest et la lune belle  qui, elle, se levait devant lui. « Le soleil se couchait dans mon dos, à l’ouest, énorme…La lune se levait à l’est et s’était habillée rouge fauve comme une africaine, elle brillait comme jamais. Lui derrière juste en face d’elle, voulait l’éblouir. Et moi au milieu. Lui, il ne voulait pas aller se coucher, elle, elle ne se levait pas complètement. Le temps s’est arrêté et je leur ai proposé de venir boire l’apéro, j’étais tout seul ça tombait bien."  Plus tard, JP a eu la visite des rois mages ... "juste au moment où je remettais de l’ordre dans la cuisine !  Toujours aussi paumés ces trois là ... ils suivaient une étoile qu’ils disaient ! On a papoté .... parlé de la terre ... ils pensent que l’on est des cons... les étoiles que nous suivons sont imaginaires ... que du vent."

Presque 3 jours en mer - Souquer fort ! PDF Imprimer E-mail

01jphaboldpresseParti dimanche matin de Saint-Louis du Sénégal, Jean-Pierre doit souquer fort sur les avirons pour rejoindre Cayenne en Guyane.
La traversée n’est pas un parcours de santé, et la sortie du fleuve Sénégal est réputée plutôt musclée. Contacté avant le départ, Jean-Pierre confiait redouter la fameuse barre qui lors de la première édition en 2006 avait fait chavirer plusieurs embarcations, mais il affichait un très bon moral. « Nous partons au son des tam-tams et des chants, une ambiance du tonnerre. Je suis heureux d’être là, car il y a six mois, sans budget que je n’ai toujours pas bouclé, je ne pensais pas y être. »  Le départ met fin à un première bataille très rude menée pour construire le bateau et trouver des sponsors, éléments peut-être plus difficiles que le vent et la houle atlantique. "J’ai peu dormi ces derniers mois, toujours sous pression jusqu’au bout."  C’est clair que le départ a sonné comme une délivrance salvatrice.

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Jean-Pierre Habold a eu la trouille de sa vie - Morlaix

mardi 21 avril 2009


</P><P><B>Jean-Pierre Habold :</B> « Une frappe comme un coup de butoir ».</P>

Les événements se bousculent dans la traversée de l'Atlantique à la rame. Samedi, c'était Rémy Alnet qui était secouru par un cargo après avoir chaviré. Dimanche, Patrick Hoyau franchissait la ligne d'arrivée à Cayenne après 42 jours de mer. À bord de La Rebelle, Jean-Pierre Habold poursuit sa route et pointe à la 13 e place, à 500 milles du but. Il est vrai qu'il n'est pas parti pour gagner mais il avoue avoir hâte d'en finir. Les conditions sont toujours aussi éprouvantes. Il raconte avoir rencontré des vagues identiques à celles qui ont renversé le bateau de Rémy : « Une vague comme un coup de butoir a frappé le bateau, le renversant sur le côté, puis une autre l'a mis à l'envers... J'ai vraiment eu la trouille de ma vie. »

Ouest-France

 

 
 
 

Lien pour réécouter J-P Habold dans l'émission  Allo la planète  du mardi 21 avril 2009 sur France Inter